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Date limite pour l’envoi des propositions : 15 janvier 2027
Deadline for submitting proposals: January 15, 2027
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Kinephanos. Appel à propositions | Culture populaire et conspirationnisme
Dirigé par : Megan Bédard, Roxanne Chartrand et Louis-Paul Willis
À une époque où les théories du complot semblent s’immiscer dans toutes les sphères du discours social, ce numéro de la revue Kinephanos propose d’explorer les chevauchements entre les pratiques de la culture populaire et du conspirationnisme. Les œuvres massivement populaires comme The Da Vinci Code (Brown, 2003; Howard, 2006) ou The X-Files (Carter, 1993-2002) mobilisent la logique conspirationniste pour élaborer leurs récits. En parallèle, le conspirationnisme puise ses métaphores dans les œuvres de la culture populaire pour transmettre ses messages, comme l’image de la pilule rouge tirée de The Matrix (Les Wachowskis, 1999). En outre, la culture populaire participative a eu son lot d’épisodes conspirationnistes dans les dernières années, souvent lorsque les interprétations produites par un fandom sont mises à l’épreuve du réel : pensons notamment aux théories sur l’orientation sexuelle de Taylor Swift ou encore le phénomène JohnLock (Christensen et Jensen, 2018). Ces phénomènes se situent en prolongement de pratiques interprétatives foisonnantes de fans qui repensent, prolongent et transforment les univers fictifs populaires par la (sur)interprétation d’indice à l’intérieur et à l’extérieur de l’œuvre. Ainsi, des headcanons et fanfictions peuvent donner lieu à des campagnes de harcèlement, comme le cas du fandom de Voltron: Legendary Defender (Drouin, 2021). À l’inverse, certaines pratiques conspirationnistes, comme le mouvement QAnon, ont donné naissance au concept de « dark participation » (Quandt et Klapproth, 2023), en référence au concept de « culture participative » proposé par Henry Jenkins (1992). Ces considérations nous forcent à nous interroger sur les limites entre pratiques populaires légitimes (ou légitimées par la recherche universitaire) et pratiques jugées extrêmes, conspirationnistes ou pathologiques.
Plus spécifiquement, ce numéro propose de penser le conspirationnisme en tant que pratique de la culture populaire telle que l’entend John Fiske (1989a, 1989b), c’est-à-dire un processus d’élaboration et de mise en circulation de significations qui procure du plaisir et un sentiment d’encapacitation. Pour Fiske, la culture populaire doit être avant tout pertinente pour la situation immédiate des individus. Cette pertinence est toutefois contingente à un système de pouvoir dans lequel le peuple « lutte » (struggle); le plaisir de la résistance n’émerge que parce qu’il s’oppose à une idéologie dominante (1989a : 29). «There can be no popular dominant culture, for popular culture is formed always in reaction to, and never as part of, the forces of domination » (1989a : 35). À l’instar du conspirationnisme, c’est-à-dire l’élaboration de récits englobants qui affirment que le cours de l’histoire est orchestré par l’action secrète d’un groupe d’individus plutôt que le résultat d’actions humaines incertaines (Taïeb, n.d.), les pratiques de la culture populaire se situent toujours dans une position de résistance et de marginalité.
Les intersections entre culture populaire et conspirationnisme se déploient en fonction de plusieurs aspects.
1. Les dynamiques de la culture participative
L’émergence du concept de « dark participation » témoigne des parallèles entre culture populaire et conspirationnisme, en particulier l’importance de sa dimension sociale, quoique le terme soit fortement critiqué pour sa propension à hiérarchiser les « bonnes » et les « mauvaises » pratiques participatives (Quandt et Klapproth, 2023). Les analogies entre pratiques de fans et pratiques conspirationnistes abondent. Tout d’abord, il y a une tendance à pathologiser les individus participants aux mouvements conspirationnistes qui rappelle la critique formulée par Jenkins au sujet de la pathologisation des fans dans les années 1980 (1992; Bédard, 2023). De plus, les groupes conspirationnistes s’organisent aussi socialement et économiquement, notamment lors de congrès ou d’autres évènements rassembleurs. Comme pour les fans, les pratiques sociales sont intrinsèquement liées à des modes d’interprétation propres à une communauté. Les outils développés par les études culturelles, en particulier les études de fans, deviennent alors pertinents pour analyser et mieux comprendre ce qui motive à s’intégrer aux mouvements conspirationnistes.
2, L’impact des affordances du web et les jeux entre fiction et réalité
Cette culture participative est intensifiée par les affordances du web social dont l’exploitation facilite l’organisation sociale et une propagation virale des contenus (populaires ou conspirationnistes). Le mode de consommation transmédia de la culture populaire encourage en outre cette culture participative par la création de jeux en réalité augmentée (augmented reality game, ARG) qui prolongent l’expérience de l’œuvre au-delà des contours de son support médiatique initial. D’autres phénomènes populaires, comme les creepypasta ou les légendes urbaines (comme les backrooms ou encore la légende de Polybius), s’amusent à brouiller la frontière entre fiction et réalité; leurs récits se complexifient au fil des interprétations, des expériences créatives et des investigations complexes sur le web. L’anonymat que procurent certaines plateformes en ligne (Reddit, 4chan, Tumblr et plusieurs autres) facilite aussi le LARP (live-action roleplay) dont la pratique a donné naissance à des théories du complot comme PizzaGate et QAnon. Ces jeux à la limite de la fiction et de la réalité sont au coeur des oeuvres populaires elles-mêmes, et ce, depuis les débuts de la culture industrialisée : pensons aux récits enchâssés en littérature (Frankenstein ou le Prométhée Moderne, Shelley, 1818), aux productions téléréalistes qui présentent, sous une forme documentaire ou dramatisée, des « histoires vraies » (Dragnet, In Search Of… ou encore Unsolved Mysteries) et au genre du documentaire-fiction (mockumentary) au cinéma et à la télévision. Les récits uchroniques ou d’anticipation, enfin, élaborent des versions contrefactuelles de notre histoire en effectuant des retours en arrière (The Man in the High Castle, Dick, 1962) ou en se projetant dans un futur proche. Quels plaisirs et quels sentiments d’encapacitation produisent ces réécritures fictives de la réalité?
3. Les dynamiques de recyclage culturel
Mode par excellence de la culture populaire contemporaine, le recyclage culturel s’appuie sur la mobilisation d’un corpus commun d’œuvres qui est réutilisé et réinterprété à des fins de profit par les industries culturelles. Les théories conspirationnistes récentes s’appuient sur une logique similaire lorsqu’elles puisent dans les tropes et les thèmes de la culture populaire (bien vs. mal, récit héroïque, etc.). Lorsque les images et les modes narratifs populaires filtrent avec l’observation du monde et interviennent dans la construction de la réalité, ceux-ci facilitent la circulation des discours conspirationnistes. Lorsque l’élaboration d’un récit conspirationniste puise dans les images et les modes narratifs populaires, la circulation de ces discours est facilitée par une expérience précédente des œuvres qui offrent des référents culturels communs et participent à l’édification de l’identité du sujet. Ces théories du complot intègrent à leur construction de la réalité des éléments de la fiction populaire, comme la métaphore de la pilule bleue et de la pilule rouge empruntée à l’univers de Matrix. Le mouvement Qanon a comme particularité d’intégrer à sa construction de la réalité potentiellement toutes les théories conspirationnistes qui le précèdent et puise dans cet imaginaire passé pour encourager la participation de ses usagers, dans une logique qui imite la tendance généralisée au recyclage culturel contemporain (Jenkins, 2006).
4. Dimension politique des pratiques sémiotiques de résistance
Enfin, la culture populaire comme le conspirationnisme s’appuient sur des pratiques d’interprétation qui ne s’inscrivent pas au sein des normes universitaires (Jenkins, 1992) et qui sont nécessairement résistantes par rapport au pouvoir dominant (Fiske, 1989a). Or, toute résistance n’est pas nécessairement progressive. Il existe une culture populaire réactionnaire qui puise dans la dimension nécessairement populiste de sa position sur le spectre de l’intervention politique. Les discours conspirationnistes suivent une logique similaire qui s’intensifie, et se mêlent avec le reste des éléments de la culture contemporaine à une époque où tout contenu culturel s’inscrit nécessairement au sein d’une guerre idéologique (du woke à MAGA). Quelles formes prend désormais la résistance populaire au sein de cette polarisation politique? Et inversement, les mouvements politiques eux-mêmes tendent à adopter les pratiques de la culture participative, par la vente de produits dérivés, l’organisation d’événements sociaux et la créations de récits pour justifier les actions d’un politicien.
Liste de sujets potentiels :
- Études de cas sur les fandoms qui tombent dans le conspirationnisme
- Ce que les mouvements conspirationnistes reprennent des fandoms/culture participative
- La culture participative entourant des mouvements politiques
- Les représentations du conspirationnisme dans les oeuvres de la culture populaire
- L’appropriation d’oeuvres de la culture populaire dans les théories du complot
- Les oeuvres multimédiatiques ou en ARG
- Légendes urbaines et creepypasta
Date limite pour l’envoi des propositions : 15 janvier 2027
Veuillez soumettre un résumé d’un maximum de 400 mots de l’article proposé sur la plateforme OJS de la revue Kinephanos : https://ojs.kinephanos.ca/index.php/revue/en/submission
Kinephanos. Call for submission | Popular Culture and Conspiracism
Editors : Megan Bédard, Roxanne Chartrand and Louis-Paul Willis
At a time when conspiracy theories seem to be infiltrating every sphere of social discourse, this issue of Kinephanos sets out to explore the overlaps between popular culture and conspiracism. Massively popular works such as The Da Vinci Code (Brown, 2003; Howard, 2006) or The X-Files (Carter, 1993–2002) draw on the logic of conspiracy to construct their narratives. Meanwhile, conspiracy theories draw their metaphors from works of popular culture to convey their messages, such as the red pill taken from The Matrix (The Wachowskis, 1999). Furthermore, participatory popular culture has seen its share of conspiracy-minded episodes in recent years, often when headcanons and significations produced by a fandom are put to the test of reality: consider, for example, the theories about Taylor Swift’s sexual orientation or the JohnLock phenomenon (Christensen and Jensen, 2018). These phenomena stem from the rich interpretive practices of fans who rethink, extend, and transform popular fictional universes through the (over)interpretation of clues both within and outside the work. Thus, headcanons and fanfictions can give rise to harassment campaigns, as in the case of the Voltron: Legendary Defender fandom (Drouin, 2021). Conversely, some conspiracy practices such as the QAnon movement have given rise to the concept of “dark participation” (Quandt and Klapproth, 2023), in reference to the concept of “participatory culture” proposed by Henry Jenkins (1992). These considerations compel us to examine the boundaries between legitimate popular practices (or those legitimized by academic research) and practices deemed extreme, conspiratorial, or pathological.
More specifically, this issue proposes to consider conspiracy theorizing as a form of popular culture as defined by John Fiske (1989a, 1989b)—that is, a process of creating and circulating meanings that brings pleasure and a sense of empowerment. For Fiske, popular culture must above all be relevant to people’s immediate daily lives. This relevance, however, is contingent upon a system of power within which the people “struggle”; the pleasure of resistance arises only because it opposes a dominant ideology (1989a: 29). “There can be no popular dominant culture, for popular culture is formed always in reaction to, and never as part of, the forces of domination” (1989a: 35). Like conspiracy theories—that is, the construction of overarching narratives that assert that the course of history is orchestrated by the secret actions of a group of individuals rather than the result of uncertain human actions (Taïeb, n.d.)—the practices of popular culture are always situated in a position of resistance and marginality.
The intersections between popular culture and conspiracism manifest themselves in several ways.
1. The Aspects of Participatory Culture
The term “dark participation” highlights the parallels between popular culture and conspiracy theories, particularly the importance of its social dimension, although the concept has been heavily criticized for its tendency to rank “good” and “bad” participatory practices (Quandt and Klapproth, 2023). Analogies between fan practices and conspiracy theorizing abound. First, there is a tendency to pathologize individuals involved in conspiracy movements, which echoes Jenkins’s critique of the pathologization of fans in the 1980s (1992; Bédard, 2023). Furthermore, conspiracy groups also organize themselves socially and economically, particularly during conventions or other gatherings. As with fans, social practices are intrinsically linked to modes of interpretation specific to a community. The tools developed by cultural studies—particularly fan studies—thus become relevant for analyzing and better understanding what motivates people to join conspiracy movements.
2. The influence of the web’s affordances and the interplay between fiction and reality
This participatory culture is amplified by the affordances of social media, the use of which facilitates social organization and the viral spread of content (whether popular or conspiracy-based). The transmedia consumption of popular culture further encourages this participatory culture through the creation of augmented reality games (ARGs) that extend the experience of the work beyond the boundaries of its original medium. Other popular phenomena, such as creepypasta or urban legends (like “backrooms” or the legend of Polybius), playfully blur the line between fiction and reality; their narratives become increasingly complex through interpretations, creative experiments, and in-depth online investigations. The anonymity provided by certain online platforms (Reddit, 4chan, Tumblr, and many others) also facilitates LARP (live-action role-playing), a practice which has given rise to conspiracy theories such as PizzaGate and QAnon. These games, which straddle the line between fiction and reality, have been at the heart of popular culture itself since the dawn of industrialized culture: consider the embedded narratives in literature (Frankenstein; or, The Modern Prometheus, Shelley, 1818), or reality TV productions that present, in documentary or dramatized form, “true stories ” (Dragnet, In Search Of… or Unsolved Mysteries) and the mockumentary genre in film and television. Finally, alternate-history and science-fiction narratives construct counterfactual versions of our history by looking back in time (The Man in the High Castle, Dick, 1962) or projecting into the near future. What pleasures and feelings of empowerment do these fictional rewritings of reality produce?
3. The Dynamics of Cultural Recycling
As the quintessential form of contemporary popular culture, cultural recycling relies on the mobilization of a shared body of works that is reused and reinterpreted for profit by cultural industries. Recent conspiracy theories follow a similar logic when they draw on the tropes and themes of popular culture (good vs. evil, heroic narratives, etc.). When popular images and narrative styles shape how we perceive the world and influence the construction of reality, they facilitate the spread of conspiracy theories. When the construction of a conspiracy narrative draws on popular images and narrative styles, the spread of such discourse is facilitated by prior exposure to works that provide shared cultural references and contribute to the formation of the subject’s identity. These conspiracy theories incorporate elements of popular fiction into their construction of reality, such as the metaphor of the blue and red pills borrowed from the world of The Matrix. A distinctive feature of the QAnon movement is that it incorporates into its construction of reality virtually all the conspiracy theories that preceded it, drawing on this past imagery to encourage user participation—a strategy that mirrors the widespread trend of contemporary cultural recycling (Jenkins, 2006).
4. The Political Dimension of Semiotic Practices of Resistance
Finally, both popular culture and conspiracy theories rely on interpretive practices that do not conform to academic norms (Jenkins, 1992) and that are necessarily resistant to the dominant power structure (Fiske, 1989a). However, not all resistance is necessarily progressive. There exists a reactionary popular culture that draws on the inherently populist dimension of its position on the spectrum of political engagement. Conspiracy theories follow a similar logic that is intensifying and intertwining with other elements of contemporary culture at a time when all cultural content is inevitably embedded within an ideological war (from “woke” to MAGA). What forms does popular resistance now take within this political polarization? Conversely, political movements themselves tend to adopt the practices of participatory culture—through the sale of merchandise, the organization of social events, and the creation of narratives to justify a politician’s actions.
List of potential topics:
- Case studies of fandoms that veer into conspiracy theories
- What conspiracy movements borrow from fandoms and participatory culture
- Participatory culture surrounding political movements
- Depictions of conspiracy theories in works of popular culture
- The appropriation of popular culture works in conspiracy theories
- Multimedia works or ARGs
- Urban legends and creepypasta
Deadline for submitting proposals: January 15, 2027
Please submit an abstract of no more than 400 words for your proposed article via the Kinephanos journal’s OJS platform: https://ojs.kinephanos.ca/index.php/revue/en/submission
Bibliographie/References :
- Bédard, Megan (2023). « L’interprétation des signes à l’ère de la convergence. Une analyse de QAnon à travers le regard des études sur les communautés de fans. » Colloque Penser les études de fans : enjeux méthodologiques, politiques et identitaires, 90e congrès de l’ACFAS — Association francophone pour le savoir, Université de Montréal, Montréal.
- Bortnick, Justin A. (2023). « Play and Misinformation: How America’s Conspiracy Culture Became Gamified. » Games and Culture, 20(2), 255-274. https://doi.org/10.1177/15554120231203859
- Bo Allesøe Christensen et Thessa Jensen (2018). « The JohnLock Conspiracy, fandom eschatology, and longing to belong », Transformative Works and Culture, vol. 27. https://doi.org/10.3983/twc.2018.1222
- Conner, Christopher T. et Nicholas MacMurray (2022). « The Perfect Storm: A Subcultural Analysis of the QAnon Movement », Critical Sociology, 48(6), 1049–1071.
- de Zeeuw, Daniël et Alex Gekker (2023). « A God-Tier LARP? QAnon as Conspiracy Fictioning », Social Media + Society, https://doi.org/10.1177/20563051231157300
- Drouin, Renee Ann (2021). « “I Have a Picture of Them, Just DM Me”: When Ethical Netnography Endangers Lives » dans Paul Booth et Rebecca Williams (dir.), A Fan Studies Primer. Method, Research, Ethics. Presses de l’Université de l’Iowa.
- Fenster, Mark (2008). Conspiracy Theories: Secrecy and Power in American Culture. University of Minnesota Press.
- Fiske, John (1989a). Understanding Popular Culture. New York: Routledge.
- Fiske, John (1989b). Reading the Popular. New York: Routledge.
- Fiske, John (1992). «The Cultural Economy of Fandom» dans Lisa A. Lewis (dir.), The Adoring Audience. Fan Culture and Popular Media, New York: Routledge, pp. 30-49.
- Jenkins, Henry (2006). Convergence culture: Where old and new media collide. New York: New York University Press.
- Jenkins, Henry (1992). Textual poachers: Television fans and participatory fan culture. Routledge.
- Quandt, Thorsten et Johanna Klapproth (2023). « Dark Participation: A Critical Overview. » Oxford Research Encyclopedia of Communication. https://oxfordre.com/communication/view/10.1093/acrefore/9780190228613.001.0001/acrefore-9780190228613-e-1155.
- Taïeb, Emmanuel (n.d.). « Conspirationnisme », Encyclopedia Universalis. https://www.universalis.fr/encyclopedie/conspirationnisme/2-le-deploiement-d-un-imaginaire/
